Comment l’hypnose agit-elle au niveau cérébral ?

Bien que la science se soit depuis longtemps intéressée à l’hypnose, l’avènement des techniques d’imagerie cérébrale a permis une amélioration des connaissances sur le fonctionnement du cerveau dans ces conditions particulières. Certaines aires cérébrales sont ainsi spécifiquement activées lors de l'hypnose.

Le docteur Bruno Suarez est l’un des seuls médecins au monde à étudier l’hypnose au niveau cérébral. Il explique que, contrairement à ce que l'on pourrait penser, l'hypnose est un état plus proche de l'éveil que du sommeil. Notre conscience est bien débranchée mais notre cerveau est en hyper éveil, même en état d'hyper contrôle ce qui permet aux patients de mettre en communication des zones du cerveau qui n'ont pas l'habitude de communiquer habituellement et d'avoir des capacités supplémentaires par rapport à l'éveil simple.

Nous allons tenter de comprendre comment fonctionne ce phénomène.

-  Circuits neuronaux impliqués : beaucoup de scientifiques ont essayé de trouver une corrélation entre l’état hypnotique et l’EEG (ou électro-encéphalogramme est un examen qui permet l'enregistrement de l'activité cérébrale). Aucune corrélation n’a été démontrée à ce jour. Ces travaux n’expliquent donc pas le mécanisme cérébral de l’hypnose. Cependant des résultats positifs ont été obtenus grâce à l’imagerie cérébrale. 
En effet, lorsque nous sommes sous hypnose, les régions exécutives frontales sont déconnectées du reste du cerveau, ce qui entraîne pour la personne sous hypnose la réalisation des choses de façon automatique, sans réflexion. Nous pouvons aussi observer que les régions sensorielles et les régions impliquées dans l’imagerie mentale comme le précunéus sont activées sous hypnose, sans doute dues à l’imagerie mentale qui sert à l’induction hypnotique. Nous pouvons donc en déduire que les circuits neuroniques activés lors de l’hypnose dépendent des suggestions données par l’hypnothérapeute.

 

Cerveau hypnoseLes régions cérébrales qui subissent une action sous l’hypnose sont classées en 3 grandes catégories :

. Les régions sensorielles qui s’occupent de traiter les informations comme les sons, les images, les odeurs (déclenchées grâce à des inductions de l’hypnothérapeute) : cortex occipital, cortex visuel.

. Les régions exécutives, qui exécutent le comportement (un mouvement par exemple) : précuneus.

. Les régions impliquées dans les processus attentionnels, qui sélectionnent les informations pertinentes de notre environnement et permettent l’état de semi-sommeil indispensable à l’hypnose : le précuneus (cette région montre le plus haut taux d’activité nerveuse au repos de toutes les régions cérébrales impliquées dans ce qu’on appelle «l’état de repos»), le cortex cingulaire antérieur.

 

 Ce mécanisme peut être illustré par les quelques exemples ci-dessous :  

=> Expérience sur les tâches motrices : lors d’une étude de paralysie induite par hypnose, les chercheurs ont pu observer que l’hypnose provoquait une reconfiguration de communication entre plusieurs régions du cerveau. Ainsi, au moment de l’exécution d’un mouvement sous hypnose, l’activité augmente (plus que chez les sujets non hypnotisés) dans le cortex frontal inférieur droit (associé au contrôle volontaire des tâches) et dans l’aire de Broca (assure la production et le traitement du langage). Simultanément, le cortex moteur, activé dans la phase de préparation, apparaît déconnecté des aires prémotrices (impliquées dans la planification des mouvements) normalement non déconnectées. En revanche, le cortex moteur communique davantage avec une aire pariétale, le précuneus, associé à la création d’images mentales, à la mémoire autobiographique et aux représentations de soi (ce que l’on ne constate pas normalement).

 

Cerveauactivite

 Ces chercheurs ont découvert que 3 zones étaient activées dans le contexte de leur expérience :

- la jonction temporo-parétiale, associée à la création d’images mentales, à la mémoire autobiographique et aux représentations de soi.

- le cortex prémoteur, impliqué dans la planification des mouvements.

- le cortex frontal inférieur droit, associé au contrôle volontaire des tâches.

 

 

 => Expériences sur les tâches sensorielles : en 2000, l'équipe de Stephen Kosslyn à Harvard montre que l'état hypnotique permet de moduler la perception des couleurs. En effet, dans cette étude, on demande au sujet éveillé de regarder un panneau constitué de carreaux colorés puis uniquement en gris. Si on lui donne le panneau coloré à voir, les deux régions du cerveau impliquées dans la perception des couleurs, situées au niveau du lobe occipital, s'activent ; si on lui demande d'imaginer que le panneau coloré est gris, elles restent actives. En revanche, quand on répète l'opération sous hypnose, les deux régions se désactivent quand on lui demande d'imaginer que le panneau coloré est gris. Sous hypnose, le sujet peut donc croire à des illusions auditives ou visuelles dont on trouve des traces cérébrales.

 => Expérience sur les tâches de remémorisations : lorsque l’on demande à un sujet sous hypnose de se rappeler un souvenir, on observe une activation d’un réseau comprenant les régions de la vision, des sensations, et de la motricité, comme si le sujet voyait, sentait et bougeait. Alors que lorsqu’on demande au même sujet de se rappeler du même souvenir sans être hypnotisé, il y a activation des lobes temporaux droit et gauche. Ceci laisse supposer que sous hypnose, le sujet revit son souvenir, alors que pendant la remémorisation en conscience normale, les sujets se souviennent seulement.

 

En résumé, nous pouvons donc conclure que l’hypnose agit sur 3 zones principales : les régions exécutives frontales, les régions sensorielles et les régions impliquées dans l’imagerie mentale (précunéus) qui seront activées par les inductions de l’hypnotiseur afin de soigner les différentes formes de phobie des patients. 

  

2011 11 29

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×